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LA LISTE DE SCHINDLER de Steven Spielberg

LA LISTE DE SCHINDLER de Steven Spielberg
Schindler's List
Film américain
Drame historique
Sorti le 02.03.94
Réalisé par Steven Spielberg
Avec
Liam Neeson............Oskar Schindler
Ben Kingsley............Itzhak Stern
Ralph Fiennes..........Amon Goeth
Caroline Goodall.......Emilie Schindler
Jonathan Sagalle......Poldek Pfefferberg
Embeth Davidtz........Helen Hirsch
Scénario de Steven Zaillian basé sur le roman de Thomas Kentally d'après une histoire vraie
Musique composée par John Williams
Montage de Michael Kahn
3 h 10 - Distribué par UIP

Résumé du film
Oskar Schindler protège ses ouvriers juifs en les faisant travailler, et en donnant des pots de vin aux officiers allemands. En 1944, il aura sauvé plus de 900 juifs... Le film raconte son histoire.

+ Ce film a reçu 8 Oscars, dont celui de Meilleur film, et Meilleur Réalisateur...
Disponible en dvd


Oublier ses grosses productions, oublier ses derniers films, car celui-ci est le sien.
La Liste de Schindler est ce film, seul vrai film intelligent et bouleversant, de Steven Spielberg.


Spielberg pouvait être considéré par certains comme un génie, mais ses nombreux films étaient plus un succès public que critique. Vrai roi du divertissement, et du blockbuster- evidemment ! Que ce soit Les Dents de la mer, ET, Jurassic park, ces films ne prétaient pas à la reflexion. On en avait juste pour les yeux...
Après le refus de Scorsese, Spielberg accepta de réaliser le film La Liste de Schindler, d'après le livre qui racontait l'histoire vraie de cet humaniste Oskar Schindler, qui sauva 1100 juifs lors de la seconde guerre mondiale. Bien que Shoah y soit parvenu, les long métrages traitant du génocide juif sont sans expression, émotion, voire interêt. La Liste de Schindler se démarque, et apparaît comme l'un des meilleurs du genre. Contrairement à Shoah (rappelons qu'il dure 8 heures !), le film ne comporte aucune image d'archive, et aborde le sujet sous une manière différente ; l'histoire d'un homme, qui a comme fond le génocide juif. Le genre est, alors, un peu flou ; film dramatique, historique, biographique...

Le personnage d'Oskar Schindler est très complexe. Si l'homme pensait d'abord à ses bénéfices donc à faire de l'argent, il apprend, et comprend alors sa position dans ce massacre juif. Il décide alors de tous les garder, et sous le poids de sa conscience, accepte de les aider. Le film montre très bien les différentes facettes du personnage. La vanité devenant de l'attention, l'attention devenant l'intention, l'intention de sauver ces ouvriers de la mort. Dans les dernières minutes de film, le personnage montre alors des remords face à son incapacité à sauver le "monde". L'égoïsme se transforme, avec la pitié, sa propre conscience, ou même l'amitié (avec son comptable), en une générosité humaine.
Mais le personnage d'Oskar n'est pas le seul caractère aux différents visages. Celui d'Amon Goeth l'est aussi. Cet homme, qui avant de rencontrer Oskar, tirait sur les juifs, comme on tire sur des ballons à la fête forraine. Face à une conscience ou un remord, face aux paroles de Schindler, Goeth s'assagit, fait même preuve de tolérance (si l'on peut appeler ça de la tolérance!) mais l'atmosphère, l'entourage, l'éducation apportée reprennent le dessus. On en vient à se demander si cet homme ne savait pas ce qu'il faisait. Si, dans une partie la plus obscure de son cerveau, il voulait sauver ces quelques juifs. Malheureusement, l'Histoire ne le dira pas.
Au-delà de ses forts personnages, le scénario est instructif. Presque tout ce qu'on enduré les Juifs est montré. La scène la plus forte, la plus dérangeante, et bouleversante pour le spectateur est celle des douches. Ces femmes qui ne savent pas si elles vont mourir. Une scène de tension, où l'on sent les larmes venir, où l'on entend le désespoir de ces femmes. Et là, les douches marchent ; elles ne mourront pas aujourd'hui...
Le film est baigné de ce chagrin, de cette peur de mourir le lendemain. Le spectateur se considère, soit comme victime dans le film, ou comme assassin ; assassin dans le sens, où la nature humaine est mauvaise. Alors, à la vision du brasier fait de milliers de corps enflammés, ou les "convois" qui emmènent des enfants vers l'obscurité, on ressent de nombreux sentiments, de haine, de colère, de tristesse, de chagrin...
La fin est un hommage à l'homme qu'était Oskar Schindler. Un scénario qui remplacerait même notre livre d'Histoire.
Liam Neeson est formidable. Il incarne son personnage, avec un talent hors du commun. Il fait passer tous les sentiments de son personnage au spectateur. Sa prestation est la meilleure de sa carrière. Quant à Ralph Fiennes, il joue, avec grande justesse, son rôle qui oscille entre bien et mal (plus souvent mal, quand même !). Il déchaîne la haine du spectateur, comme il l'adoucit. Il est immanquable. Les autres acteurs, interprétant principalement des juifs, sont tous très bons, convaincants, avec une mention spéciale à Ben Kingsley.
Venons-en à la réalisation. Spielberg, qui reçut un oscar "meilleur réalisateur" pour ce film, et qui ne toucha aucun salaire sous sa demande, fait preuve d'ingéniosité à lier le noir et blanc à la couleur. Au début du film, seule la flamme marque la couleur. Elle s'éteint, il y a un passage au noir et blanc. Cette scène d'introduction est très symbolique, et peut être interpréter de différentes manières. La flamme étant l'espoir, elle s'éteint et on commence l'histoire du génocide juif... Les interprétations sont trop nombreuses pour toutes les expliquer - et sont différentes selon les personnes. La couleur revient, après la fin de la guerre, quand les Juifs de Schindler marchent vers la ville, la liberté...
Les plans sont nombreux, et Spielberg maîtrise sa caméra avec génie (du vrai génie, enfin!). Il n'hésite pas à faire comprendre cette dure réalité avec quelques images qui choqueront. Le réalisateur montre qu'il s'est investi dans son film.

"Quiconque sauve une vie, sauve le monde entier"
Ils étaient sur sa liste...
A la mémoire d'Oskar Schindler (1908-1974).
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# Posté le lundi 03 avril 2006 12:12

Modifié le vendredi 27 juillet 2007 09:29

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