The Da Vinci Code
Film américain
Aventures-Thriller
Sorti le 17.05.2006
Réalisé par Ron Howard
Avec
Tom Hanks.............Robert Langdon
Audrey Tautou........Sophie Neveu
Jean Reno..............Bézu Fache
Alfred Molina...........Aringarosa
Ian McKellen...........Leigh Teabing
Paul Bettany............Silas
Scénario de Akiva Goldsman d'après le roman de Dan Brown
Musique composée par Hans Zimmer
Montage de Daniel P. Hanley & Mike Hill
2 h 32 - Distribué par Columbia Tristar
Résumé du film
Un meurtre a été commis au Louvre. Le commissaire Bézu Fache soupconne grandement Robert Langdon, spécialiste en symboles. Mais, avec l'aide de la jeune cryptologue Sophie Neveu, le professeur s'échappe. Ils enquêtent alors sur le Saint Graal. A la recherche de cet événement qui bouleversera toutes les croyances... + extraits
Disponible en dvd
Le film était attendu au tournant, le livre étant un énorme best-seller, et l'histoire surmédiatisée. Malheureusement, le réalisateur et son équipe ont pris le virage trop serré. Résultat : Dans le fossé !
Ecrivain depuis cinq romans, star littéraire depuis son quatrième, le très célèbre et controversé Da Vinci Code, Dan Brown est L'auteur du moment. Ce livre, dont est adapté le film, a été vendu dans le monde à 40 millions d'exemplaires. Un succès en librairie étourdissant, et contrairement au film, l'auteur se fait très discret sur ce phénomène littéraire ; mais il n'a, cependant, pas hésité à donner son point de vue sur les castings et le scénario, en étant de plus producteur exécutif du film de Ron Howard. Cette discrétion énerve quelque peu les médias, à la recherche de scoops, qui augmenteront leur nombre de tirage. Heureusement, les producteurs et distributeurs de chez Columbia, filiale de Sony, n'avaient pas l'intention de se faire discret. Le film est le plus bel exemple de publicité à Hollywood.
Dès les premiers stades du film, à savoir les castings, où les acteurs et actrices tentaient de convaincre l'équipe, on peut voir ces « teasers » promouvant la sortie prochaine de The Da Vinci Code. Prochaine signifiant dans environ huit voire dix mois. Sony distribue alors au compte-goutte les informations sur le film. Chaque mois, le long métrage fait parler de lui : « Audrey Tautou choisit pour jouer le rôle de Sophie Neveu »... Et, pendant ce temps, le livre de Dan Brown passe de grand format, au format poche. Les romans s'écoulent rapidement.
Autre genre de publicité que les infos, la polémique. Le livre connaît un grand nombre d'adeptes, mais aussi d'anti. Les religieux considèrent le roman comme une véritable offense à leur religion, et à Dieu, lui-même. Chez Sony, on joue alors avec le feu. Une religieuse vient même manifester pour que le film ne soit pas distribué. Mais les réels problèmes que connaît le distributeur, ce sont les nombreuses accusations de plagiat portées contre Dan Brown. Le tribunal peut interdire la sortie du film... Pour masquer leur malaise, les hommes de Columbia annonce que le film sera en ouverture du 29e festival de Cannes. Malheureusement, l'entreprise aurait du s'abstenir, car Cannes ne fait jamais de cadeau... et ne retiens jamais ses mots, et ici ses cris. A la fin de la projection, le film n'est pas applaudi, pire il est hué ! Et les critiques de la presse sont loin d'être élogieuse ; elles décrivent le film comme mauvais, dénué d'intérêt. Et ce qui semblait être un film événement, à l'action débordante, et au suspense très marqué, s'avère être, en fait, un long métrage insipide, incompréhensible, et surtout excessif et invraisemblable, que même les acteurs n'arrivent pas à sauver de l'ennui. Pourtant, certains spectateurs qualifient le film de réussite cinématographique. Mais ces spectateurs n'ont pas lu le livre de Dan Brown. Alors, une question vient se poser : Lire le livre avant de voir son adaptation, rend-t-il pour autant le film mauvais ?
La plus grande faiblesse du film, réside évidemment dans le scénario. Et la difficulté de l'écrire revenait à Akiva Goldsman. Car adapter un livre, mondialement lu, et plaire à ces lecteurs est une tache (quasiment) impossible. Et cela se voit dans les nombreuses adaptations que connaît le Septième Art (voir notre dossier spécial Du Livre à l'Ecran). Première fausse note : la scénariste change quelque peu les événements. Là où Langdon se réveillait à cause du téléphone à son hôtel, devient, dans le long métrage, des policiers français qui viennent chercher le professeur, lorsque celui-ci donne des dédicaces lors de la promotion de son livre. Pourquoi changer ce passage, alors qu'il n'y avait aucun intérêt. Le film n'aurait pas été plus long ou plus court, sans ses modifications. Un choix qui rend le spectateur très perplexe, et ce donc dès le début du film. Autre fait ; Langdon devient une personne qui n'a aucun avis, et qui n'arrête pas de répéter sans cesse, tout au long du film, que ce qui est expliqué sur l'Histoire n'est que des suppositions, des hypothèses. Alors que dans le livre, l'éminent spécialiste en symboles est le premier à croire à ces « hypothèses ». La scénariste a ainsi tenté d'apaiser les tensions. Malheureusement, le spectateur ne croit plus alors cette thèse où est affirmé que Marie-Madeleine a eu des enfants avec le Christ. En voulant calmer la polémique, Akiva Goldsman a aussi, et ainsi, enlevé tous les éléments de persuasion. Il y a alors beaucoup moins d'engouement ; le spectateur ne peut plus y croire, il n'éprouve alors plus aucun intérêt envers le film. Le lecteur, à la différence donc du spectateur, se montrait impatient de connaître tous les arguments approuvant cette thèse, et certains pouvaient même y croire. Tout était fait, et écrit pour qu'on y croit. Créant cet effet, tout au long du roman, qui nous empêche de refermer ce livre, et qui nous incite à continuer de lire. Dans le long métrage, que nenni !
Le scénario est ainsi trop différent du livre ; Seconde fausse note, Akiva Goldsman réadapte avec ses propos la thèse que défendait Langon, et Teabing. Ainsi, elle rajoute des éléments absents dans le roman, et suppriment ceux présents – quelques uns seulement. Au final, le spectateur regarde et écoute une histoire brouillonne, et peu compréhensible. La thèse est très mal expliquée ; le scénario, en gros, complètement raté !
Quant aux personnages, ils ne servent que de simples marionnettes à l'histoire ; aucun sentiment, aucune émotion n'est transmise au spectateur. Les caractères sont lisses, les dialogues excessifs... Certes, dans le livre de Dan Brown, l'histoire est la principale attraction, mais les personnages jouent quand même avec les nerfs du lecteur. Ils sont très présents, et ne servent pas qu'à expliquer la thèse – à défaut du film.
Plutôt que d'apporter toute son attention au casting, il aurait fallu choisir un meilleur scénariste... Le résultat est très net ; dans la salle, à trois sièges de moi, un homme a la tête penchée vers le bas ; sa femme le secoue, et le réveille. Ses ronflements commencent à s'entendre...
L'auteur avait déjà quelques têtes d'affiches en mémoire. Il ne fut pas surpris de constater, que ces intentions devinrent une réalité. Chez Columbia, on veut des « bankables », et de surcroît, des acteurs français pour jouer des personnages français. Qui de mieux que l'actrice, Audrey Tautou, fabuleuse Amélie Poulain aimée de beaucoup d'américains ? ; Qui de mieux que l'acteur Jean Reno, habitué aux blockbusters américains ? Pour jouer le rôle principal, soit celui de Robert Langdon, Sony et Ron Howard se jette sur l'acteur le plus rentable qu'il connaisse, et adoré du public et de la critique international, Tom Hanks.
Malgré ce casting de star, digne d'Ocean's Twelve, le ton des acteurs, de ce trio d'acteurs, sonnent faux. Ils n'ont aucune justesse, un manque de conviction certain, et tentent de surpasser les plus mauvais acteurs (ils restent tout de même meilleurs que ceux des films érotiques...). Reno est tombé dans une banalité évidente ; son rôle de flic bourru, grincheux, commence vraiment à nous hérisser le poil ! L'acteur est cantonné à ce genre de personnage, et il a l'air de ne pas s'en plaindre. Notre « chouchoute » française, Audrey Tautou, pouvait compter jusqu'à maintenant sur des interprétations et une filmographie excellentes. Sa première tâche, c'est Da Vinci Code. Elle ne fait que répéter son texte, et adopte une attitude « molle ». A un point, où l'on ressent le besoin de l'agripper et de la secouer énergiquement. L'actrice aurait du s'abstenir ; car ce rôle est finalement loin d'être prestigieux.
Tom Hanks a beau se démener, son rôle ne lui colle vraiment pas à la peau. Son interprétation n'est pas mauvaise, mais très loin de ces autres films, comme Philadelphia, Il faut sauver le soldat Ryan, ... Ces fameuses têtes d'affiches signent ici un jeu très inégal, sans punch, et beaucoup trop conventionnel.
Les seuls atouts sont Alfred Molina, très convaincant, et surprenant dans le rôle d'Aringarosa et Paul Bettany, redoutable en Silas. Ca aurait du être leurs noms en haut de l'affiche...
Il ne fallut pas beaucoup de temps à Sony pour trouver le réalisateur de leur gros blockbuster événementiel. Ron Howard passa du banc de touche au terrain, en quelques jours. Il est apprécié des producteurs ; ses nombreux films coûtent chers, mais rapportent aussi beaucoup. Apollo 13, Les disparues, Le Grinch en sont des exemples. Howard est un grand professionnel du cinéma, adepte du grand spectacle, très populaire et qui reçoit, d'habitude, des critiques sur son travail élogieuses. Malheureusement le réalisateur se laisse dépasser par l'événement ; il tente de se surpasser. Il nous offre alors un film aux images floues, à la réalisation bâclée. La scène de la poursuite en smart dans les rues de Paris aurait pu être mieux filmé. Les scènes d'action sont ainsi très mauvaises, le réalisateur ne fait aucun plan, et nous donne l'impression de porter la caméra sur ses épaules tout en courant. Le résultat est soit trop mou – comme l'histoire et les acteurs, soit trop brouillon. Comme si Howard n'était qu'un débutant, et que Da Vinci Code était son tout premier film. Quelques scènes sortent quand même du lot, mais c'est trop peu par rapport à ses précédentes réalisations...
Pour dynamiser le tout, on peut compter sur le compositeur Hans Zimmer. Aussi célèbre que ses collègues John Williams, ou autre Danny Elfman, il a à son actif un grand nombre de films (Pirates des Caraïbes, Madagascar, Batman Begins, La chute du faucon noir...). Sa musique est douce, très agréable à entendre, et toujours aussi révolutionnaire. Il vaudrait mieux acheter la B.O. que le dvd...
Le problème de ce Da Vinci Code, c'est sa difficulté à le « noter ». En tant qu'adaptation, le film est très médiocre, mais en tant que long métrage uniquement, il se regarde (tout n'est pas digne du nanar). On choisira alors la deuxième affirmation pour la notation, car oui, voir une adaptation après avoir lu le livre est synonyme de déception.
Préférez le roman au film...
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